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Le site cerf-volant de la FFVL

LES PRATIQUES CERFS-VOLISTES : L'AEROPHOTOGRAPHIE

24 Novembre 2010, 21:38pm

Publié par ffvl.cerfvolant

 

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La photographie aérienne est née en France en 1888 à Labruguiére dans le Tarn. Arthur Batut, utopiste génial et inventif, fut le précurseur de cette technique qui est plébiscitée aujourd'hui par des reporters et des scientifiques (Jean Louis Etienne et Serge Nègre, l'INRA, le CNRS, les universités archéologiques.., l'urbanisme). Les aérophotographes construisent généralement leur matériel volant et leurs nacelles radiocommandées. Plusieurs clubs au sein de la Fédération de vol libre proposent des stages à leurs adhérents pour construire et apprendre à utiliser ce matériel en toute sécurité.

nacelle1.jpg

 Si cette pratique qui associe le cerf-volant et la photographie avec des moyens technologiques accessibles et démocratisés, il convient de préciser que cette activité est réservée à un public avertit, responsable et assuré par  un club et une fédération. On ne suspend pas dans le ciel un matériel photographique sans un équipement volant et des câbles infaillibles.

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Pour des vents de 10 à 30 km/h les deltas et Rokkakus de 4 à 6m2 seront préconisés


 

 

 

 

MT 02

Pour des vents de 35 à 60 km/h des cerfs-volants souples comme les flowforms ou cellulaires comme le Conyne ou le Pelybox seront recommandés.

 

   

 

 

Au delà de ces conditions une expertise et un travail en équipe sont impératifs. A défaut l'abstinence prévaut.


Quoi qu'il en soit nous conseillons toujours une pratique en club qui associe pédagogie, formation technique, assistance et projets aérophotographiques : expositions, concours, randonnées aérophotographiques, trekking... etc.


D'autres voies moins technologiques sont aussi possible avec des mayens standardisés et peu couteux, comme la nacelle "tournebroche" de MT. Cette approche permet une accessibilité de l'aérophotographie dans le cadre "d'EDUCENCIEL" (projets pédagogiques et technologiques en milieu scolaire de la fédération de vol libre).


Quelques liens à visiter

Carnet de vol

KAPWA

Musée Arthur Batut

Philippe Feret

Nicolas Chorier


 


 

Interwiew d'un professionnel de la photographie par cerf-volant: Nicolas Chorrier

 


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Comment avez-vous commencé la photo par cerf-volant ?


Ca fait 25 ans que je fais du cerf-volant sportif. Avec des amis, nous faisions des expérimentations de toutes sortes... Et puis j'étais également passionné de photographie depuis mon adolescence. En tant qu'amateur, je savais que la photographie par cerf-volant existait... Il y a 10 ans, en 1995, j'ai voulu changé de métier, j'étais alors ingénieur du son. J'ai fait un premier voyage en Asie, pendant lequel j'étais sensé faire un reportage amateur. Finalement, j'ai trainé 2 ans en Asie, en Malaisie, en Indonésie... Et puis en revenant en France en 1997, je me suis professionnalisé.


Pourquoi avoir choisi l'Inde pour vos photos ?


Ca fait 10 ans que je vais en Inde et lors de tout mes voyages, j'avais mon matériel et systématiquement je shootais. J'ai collecté ces photos au fil des ans. Le but au début n'était pas de faire un livre. Mes premiers voyages étaient commandités par des cabinets d'architectes ou par des offices de tourisme, mais surtout des architectes qui me demandaient de faire des photos aériennes en cerf-volant pour ensuite pouvoir travailler sur les monuments souvent classés au Patrimoine Mondial de l'Unesco.

Le livre est en fait le résultat de ces 10 années de voyage. Et puis il y a deux ans j'ai rencontré mon éditeur indien. Il connaissait mon travail par mon site internet, c'est à ce moment que le projet du livre est venu. Il m'a aidé à voyager davantage pour compléter le livre, là j'ai surtout shooté dans le sud de l'Inde, dans le Kerala par exemple.


 Techniquement, comment la photo par cerf volant fonctionne t-elle ?


Tout d'abord, je choisis un endroit propice, en général il s'agit de sites dégagés sans fil électrique. En ville, ça peut-être une place. Je fais décoller mon cerf-volant et je le fais voler tout seul jusqu'à 30 ou 40 mètres. Une fois que je le sens bien posé sur le vent, j'accroche la nacelle avec l'appareil photo et je redonne du fil à l'ensemble jusqu'à ce que l'appareil photo ait atteint l'altitude souhaité. Une radio-commande dirige la nacelle, et je peux faire tourner l'appareil sur 360° et l'incliner jusqu'à 90 degrés. J'ai aussi un petit retour video sur un moniteur. Il y a toujours une petite part d'aléatoire, ce que je vois dans mon moniteur n'est pas parfait mais en général, j'arrive à cadrer ce que je veux.

 

Et pour le temps de pause, comment faîtes-vous pour maintenir stable l'appareil photo dans les airs ?


En fait, le cerf-volant est en général très stable. Mais le minimum, pour le temps de pause c'est du 125e de seconde dans de bonnes conditions sinon du 250e de seconde, voire même du 1000e ou 2000e de seconde.

 

Jusqu'à quelle hauteur peuvent monter le cerf volant et l'appareil photo ?


Il n'y a théoriquement pas de limite bien que techniquement dépasser plusieurs centaines de mètres reste très complexe. L'idée c'est de faire des prises de vue à basse altitude, communément entre 5 et 200 mètres, quelques dizaines de mètres donnent souvent les résultats les plus intéressants.


 Vous arrive t-il d'être surpris par vos clichés lorsque vous les découvrez ?


Absolument. J'utilise le moniteur vidéo le plus souvent possible mais pendant les 2 premières années je n'en avais pas. La photo représentant le Taj Mahal a été prise à l'aveugle par exemple. Il y a un exercice de géométrie visuelle dans l'espace qui doit être fait, il faut un peu d'expérience... Après, effectivement, il y a toujours une part de surprise. Sur le moniteur, je n'ai qu'une vision approximative de basse qualité, il existe donc une part de découverte, c'est aussi ce que j'apprécie.

 

 

 

   

Quelles sont les réactions des gens près de vous lorsque vous shootez ?


Très positive, et c'est ce qui me plaît. La photographie par cerf-volant permet d'aller à la rencontre des gens comme pour la photo prise à Kozikode où l'appareil était 4 mètres au dessus d'une famille… Le cerf-volant est une véritable tradition en Inde, partout où je vais, beaucoup de gens viennent à ma rencontre. Des gamins mais aussi des adultes. Ca ne génère que des choses positives, que des sourires. Moi-même je figure sur certaines photos. Je suis au milieu des gens, qui sourient, qui retombent en enfance en observant le cerf -volant… Tous s'intéressent et sont curieux, aussi bien les hindous que les musulmans, les riches que les pauvres. J'ai eu à mes côtés des maharadjahs qui observaient émerveillés le cerf-volant, mais aussi des conducteurs de rickshaw ou des mendiants. C'est un vecteur de communication œcuménique et universel.

 

Les autorisations pour pouvoir prendre des photos aériennes sur le sol indien ont-elles été difficiles à obtenir ?


Théoriquement, il est interdit de faire de la photo aérienne en Inde, mais comme partout dans le monde en fait. En France aussi c'est soumis à restriction. Il faut théoriquement faire une déclaration à la mairie, à l'aviation civile, la procédure est très lourde… La photo aérienne est assimilée à une activité d'espionnage partout dans le monde. En Inde, c'est le cas plus qu'ailleurs car c'est le pays qui reçoit beaucoup de menaces d'attentats entre les problèmes avec le Cashmire, les Tamouls… Il y a des bases militaires partout, des centres d'entrainement de la police, des centrales électriques ou nucléaires. La procédure pour obtenir les autorisations peut prendre une semaine, et il faut vraiment faire le pied de grue à tous les guichets... Mais au final, c'est possible de les obtenir.

 



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